Dans son message du 28 septembre 2026, à Metz, lors de sa rencontre interreligieuse au Centre des congrès Robert-Schuman le Pape Léon XIV a dit cette phrase : « Le dialogue ne diminue pas notre identité, mais l’exprime avec simplicité et vérité en l’ouvrant à la diversité de l’autre ».
N’est-ce pas là un message de poids et de conversion ?
C’est une chance pour une communauté religieuse de se rassembler au nom d’une même personne Jésus-Christ, de vivre le même charisme, les mêmes Constitutions. L’interpellation du Pape Léon XIV au Centre des congrès Robert-Schuman : « Le dialogue ne diminue pas notre identité, mais l’exprime avec simplicité et vérité en l’ouvrant à la diversité de l’autre » invite toute personne à faire une relecture sur la manière dont elle s’ouvre à la diversité de l’autre.
Une communauté religieuse peut accueillir la citation : « sortir de soi sans perdre son identité » de cette manière : sortir de soi ne signifie pas seulement multiplier les activités ou rendre davantage de services. C’est accepter que l’autre existe autrement que selon nos attentes, nos habitudes et nos catégories. Sortir de soi est le chemin que toute personne vivant dans la vie religieuse peut emprunter pour reconnaître l’autre comme le dit si bien Paul RICOEUR : » Le chemin par lequel nous reconnaissons l’altérité comme une promesse et non comme une menace ; il est un art de la rencontre dont notre monde a grand besoin, aux antipodes de l’agressivité et de la violence « .

Concrètement, une communauté peut vivre cette ouverture de plusieurs manières :
- Sortir de ses lieux habituels : aller à la rencontre de ses Sœurs avec qui l’on vit ou des pêrsonnes qui se sentent éloignées de l’Église.
- Pratiquer l’écoute avant la réponse : ne pas arriver avec des solutions toutes faites, mais chercher à comprendre les joies, les blessures, l’histoire et les attentes des personnes rencontrées.
- Accueillir les différences : entendre les questions, les sensibilités et les manières de vivre la foi qui diffère des nôtres.
- Se laisser déplacer : accepter que la rencontre nous apprenne quelque chose avec une transformation créatrice de notre regard, nos priorités et parfois nos façons de faire.

La rencontre véritable comporte une part d’imprévu. Elle demande de renoncer à vouloir tout maîtriser, d’accueillir l’autre sans perdre sa propre identité. C’est ici que se trouve le point d’équilibre le plus délicat.
Sortir de soi sans perdre son identité, c’est donc :
- Être enraciné sans être enfermé.
- Être ouvert sans être dispersé.
- Être fidèle sans être figé.
- Être transformé par la rencontre sans renoncer à son appel à la suite du Christ.
Sœur Estelle




