L’eau vive, source du Salut

Le Carême, temps du combat spirituel pour vaincre le mal, le péché qui étouffe notre désir d’appartenir totalement au Christ.
Ce temps de Carême nous présente une succession des Evangiles remarquables pour stimuler notre soif de la vraie conversion. Après l’invitation du prophète Joël : « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements », les Evangiles du dimanche nous présente d’abord les tentations de Jésus au désert, puis la Transfiguration ; aujourd’hui c’est la rencontre de Jésus avec la Samaritaine, suivi de la guérison de l’aveugle de naissance ; et enfin la Toute-Puissance de Jésus qui se manifeste par la résurrection de son ami Lazare.

Parlons de la belle rencontre de Jésus avec la Samaritaine qui prend une véritable profondeur suite à l’interpellation de Jésus : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ».
Pour accomplir la mission de son Père, Jésus Christ avait pris l’initiative de venir à la rencontre des petits, des pauvres, des faibles, des malades, des abandonnés, des rejetés de la société, bref des pécheurs. C’est Lui qui prend toujours l’initiative. Aujourd’hui, l’Evangile nous présente un tableau, celui de la rencontre du Christ avec la Samaritaine. Au cours de cette rencontre, Jésus lui propose de l’eau vive, l’eau qui donne le salut.
Observons bien les deux attitudes, celle de Jésus et celle de la Samaritaine : Jésus demande à la Samaritaine : « Donne-moi à boire. » Pensez-vous que Jésus avait réellement besoin de cette eau du puits de Jacob ? Absolument pas. Cependant, c’est Lui qui avait soif, certes, mais attention, sa soif n’était pas celle de recevoir l’eau du puits, mais celle de donner de l’eau vive à cette femme.

La demande de Jésus : « Donne-moi à boire », étonne et surprend la Samaritaine : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » alors que les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus commence à lui annoncer la Bonne Nouvelle du salut.
Ayant bien retenu l’enseignement de Jésus, la Samaritaine désire recevoir en elle la source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. Elle accueille la foi et le salut que Jésus lui propose : « Seigneur, donne-moi de cette eau. »
Jésus veut absolument l’aider à comprendre que le salut est gratuit, mais pour le recevoir, il faut non seulement le désirer mais aussi le chercher avec tout son cœur. Quand nous avons fortement besoin de quelque chose que nous aimons, et qui nous tient à cœur nous faisons tout notre possible pour l’avoir réellement. C’est de la même manière qu’il faut déployer nos énergies pour avoir ce salut qui demeure gratuit.

Oui, Jésus connaît bien les faiblesses et les péchés de cette femme, lorsqu’il lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme lui dit : « Je n’ai pas de mari. » Jésus lui dit tout simplement : « Tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari » Il ne la juge pas, mais veut lui faire comprendre qu’il sait toute chose et que rien ne peut lui échapper.
La Samaritaine avoue qu’elle attend, comme tous les autres, le Messie, le Christ, qui leur fera connaître toutes choses. Jésus affirme que c’est Lui, le Messie, le Christ qui lui parle. Ayant écouté la réponse de Jésus, la Samaritaine pose un acte de disciple, c’est-à-dire qu’elle va témoigner de la présence du Christ aux gens de sa ville. Et l’Evangile nous dit que beaucoup de Samaritains crurent en Jésus, d’une part, à cause du témoignage de la femme, d’autre part parce qu’ils ont eux-mêmes écouté Jésus. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire en Jésus après l’avoir entendu.

Aujourd’hui, le Christ vient à notre rencontre non pas pour nous juger mais pour nous proposer l’eau de la vie, dans l’Eucharistie. 

Sœur Estelle