Un prêtre est avant tout un homme que le Seigneur a choisi, avec toutes ses fragilités, ses nombreux défauts ainsi que ses péchés. En répondant favorablement à l’appel de Dieu, il consacre toute sa vie au Christ, pour accomplir une mission qui ne lui appartient pas, mais qui lui est donnée de par sa vocation. Il devient témoin du Christ au milieu du monde et plus précisément dans les communautés dans lesquelles il exerce son ministère.

En revanche, beaucoup ignorent que la vie du prêtre n’est rien d’autre que le miroir de la vie publique de Jésus. Je ne fais que ce que le Christ nous a recommandé. Le Jeudi Saint, au cours de son dernier repas, il nous a enseigné la vraie humilité, concrète dans sa profondeur, en lavant les pieds de ses Apôtres. Et cette fête du Jeudi Saint est caractérisée non seulement par le lavement des pieds, mais également par l’Institution de l’Eucharistie. Jésus donne son corps en nourriture, et son sang en vraie boisson pour notre salut.

On me voit toujours courir dans l’exercice de mes fonctions liées à ma mission. Pour certains, je ne suis qu’un fonctionnaire de l’Église qui a l’obligation d’accomplir mon devoir ecclésiastique. Pour d’autres, l’Église a besoin de moi pour sensibiliser les fidèles afin de gonfler le nombre des participants à la messe. Très peu comprennent que ma mission est avant tout : « proclamer la Bonne Nouvelle du Seigneur, accompagner vers le Seigneur le peuple de Dieu qui m’est confié pour le salut de leurs âmes ».


Lorsque je célèbre la Sainte Eucharistie, très souvent, je tremble de tout mon corps. Moi qui suis indigne aux yeux du Seigneur, Jésus me permets de transformer le pain en son Corps et le vin en son Sang pour nourrir les âmes assoiffées de son amour. Il me recommande chaque jour de le faire en sa mémoire (Luc 22,19-20). Oui, l’Eucharistie est le sommet de tous les sacrements ; voilà pourquoi Jésus Lui-même l’avait instituée et il veut qu’elle continue jusqu’à son retour. Il m’a appris également comment servir mes frères et sœurs dans la gratuité, sans jugement ni soif de grandeur, comme il l’a fait en lavant lui-même les pieds de ses Apôtres. Oui, la grâce sacramentelle du Jeudi Saint trouve tout son sens dans ses deux actes de Jésus.

Ma grande joie en tant que prêtre, c’est d’avoir dit oui, comme la Très Sainte Vierge Marie, à l’appel de Dieu. C’est d’être témoin de Jésus dans le monde, dans ma communauté et partout où Dieu m’envoie. C’est d’être baptisé pour transmettre la vraie joie des enfants de Dieu. C’est aussi dans l’écoute de la Parole de Dieu, dans la prière et l’adoration du Saint Sacrement qui me plonge dans une relation d’intimité avec Jésus, et dans l’Eucharistie qui est un moment privilégié qui me fait entrer dans le grand mystère même de Dieu. C’est de donner Jésus aux autres, à ceux qui doutent, qui ne le connaissent pas, et à ceux qui l’aiment. C’est également d’être à votre service pour vous encourager, vous soutenir dans des moments de joie comme dans les épreuves.
Père Patience