Voir, écouter, apprendre, transmettre

Selon la méthode sémiotique

La Transfiguration (Mt 17, 1-17)

Après six jours, écrit Saint Mathieu, ( hypothèse : le Lévitique 23,  il y a  six jours entre la fête du Pardon où le Nom du Seigneur était prononcé et la fête des tentes) Jésus prend Pierre et Jacques et Jean son frère et les fait monter sur une haute montagne à l’écart.
L’auteur précise le nom des trois personnes et qualifie leur parenté (Jacques est frère de Jean, Jean est le frère de Jacques). Les quatre montent, précision d’une haute montagne, sans nommer, ni préciser le nom de ce lieu, autre précision : à l’écart. C’est Jésus qui prend l’initiative et c’est du passé ; c’est fait, ils sont montés.

Mt 17, 2 : la transformation
Et il fut transformé devant eux et brilla le visage… Jésus « est » transformé, il n’est pas à l’initiative, il « subit ».

Mt 17, 3 Voir, parler
Et voici se fit voir à eux Moïse et Elie parlant avec Lui.
Apparaisse dans le texte la figure du voir et la figure de la parole.
Deux personnages se font voir et le texte dit qu’ils parlent, mais le lecteur n’a pas le contenu de la parole.

Mt 17, 4 :  la réponse de Pierre
Et répondant Pierre dit à Jésus
Pierre répond, dit le texte, mais nous ne savons pas à quelles paroles Pierre répond.
Pierre parle, nous avons l’énoncé de sa parole, et cependant pendant qu’il parle :

Mt 17, 5 : une voix à entendre
Comme il parlait encore, Voici une nuée lumineuse les recouvrit et Voici une voix venant de la nuée disant :
Celui-ci est mon fils bien aimé en qui j’ai pris plaisir, écoutez-le.

Figure du voir = voici, quoi ? Une nuée lumineuse qui les recouvrit et voici quoi ? L’énoncé de la voix = figure du voir : celui-ci est mon fils bien aimé en qui j’ai pris plaisir, figure de l’entendre = écoutez-le, sans le contenu de la parole. La voix nous conseille de voir et d’écouter. Regarder le Fils et l’écouter.

Mt 17, 6 : la transmission
Et ayant entendu les apprenants
Les trois acteurs ne sont plus nommés, mais sont qualifiés. Ils ont entendu (il n’y a toujours pas le contenu des paroles entendues). La voix les confirme dans leur vocation, apprendre à écouter pour qu’ils puissent transmettre ce qu’ils auront écouté …
Comme pour les apprenants, nous sommes peut être appelés à écouter cette voix ?
Et ainsi obéir à la Parole qui résonne dans nos cœurs et nous en remettre à la seule Parole du Dieu vivant.

Sœur Marie Annick