« Rien ne pourra nous séparer de l’Amour du Christ »
(Rm 8,39b)

Quelques jours sont passés depuis la fin de la retraite. La gratuité de cette retraite spirituelle que nous venons de vivre laisse en chaque Sœur la sensation d’avoir traversé un espace beaucoup plus vaste que le temps ordinaire.
Père Jean Michaël MUNIER nous a conduites au cœur de l’Amour de Dieu, cet amour éternel, fidèle et inlassable. À travers Jésus-Christ, nous avons contemplé ce visage de la miséricorde du Père, si proche de nos vies, si concret, si bouleversant. Il a su rendre vivant cet amour qui se donne jusqu’au bout et qui appelle chacune à une réponse personnelle.
L’éclairage sur le baptême nous a permis de redécouvrir la grandeur de ce don premier, source de notre vie consacrée, source d’une vie nouvelle.
La méditation sur l’Eucharistie, sacrement de l’Amour, nous a profondément touchées par la présence réelle, l’offrande totale, la nourriture pour notre chemin. Aussi, nous avons été marquées par la manière singulière de parler de l’amour vécu chez les saints et quelques auteurs, comme un appel concret à la sainteté dans notre quotidien, pour ne citer que : « Padre Pio, Thérèse, Elisabeth de la Trinité, Claude la Colombière… ». Ils deviennent désormais les compagnons de route, … et sans oublier toutes les références bibliques partagées. Quel beau cadeau ! Nous ne pouvons que remercier le prédicateur.
Aborder le mystère du péché n’est pas aussi simple. L’approche du péché nous a éclairées non pas comme une condamnation, mais comme une réalité traversée par la miséricorde et l’espérance. Loin de nous décourager, elle ouvre à la vérité et à la confiance en la miséricorde.
Enfin, l’invitation à l’abandon et au nécessaire dépouillement de soi résonne encore en nous comme un chemin exigeant mais libérant, où Dieu peut pleinement agir.
A l’approche de la fête de la Pentecôte et de la Visitation, l’évocation de Marie comme modèle du bel Amour marque un chemin de la disponibilité à l’Amour Divin. Quand le prédicateur nous livre cette citation : « …Tout est venu par le Christ et même Marie … » elle donne à comprendre la docilité de la Vierge Marie dans le plan de Dieu. La Visitation est bien la rencontre de deux fragilités. Élisabeth était âgée, Marie était très jeune. Toutes les deux portent une promesse improbable. C’est cet espace de vulnérabilité que Dieu choisit précisément pour faire naître quelque chose de neuf. L’Évangile le rappelle si bien que la fécondité spirituelle ne dépend pas de la puissance ou de la maîtrise, mais de la disponibilité intérieure à l’Amour.
Comme dans la Visitation, il ne s’agit pas seulement de vivre une expérience intérieure, mais de laisser cette expérience devenir présence, écoute et souffle dans la vie quotidienne.

A la fin de chaque retraite spirituelle se pose toujours ces quelques questions. Comment ramener un peu de cette qualité de présence dans une vie remplie d’obligations ? Comment préserver des espaces de silence sans être extraite du monde ?
Après la retraite, la Pentecôte devient alors un passage. Ce qui a été vécu intérieurement durant la retraite cherche à devenir présence dans la vie quotidienne. Le calme reçu dans le silence peut devenir écoute des autres et du monde. L’attention retrouvée peut devenir compassion. La paix intérieure peut devenir une parole offerte. Alors, « rien ne pourra nous séparer de l’Amour du Christ ».
Sœur Estelle